29 juin – 27 juillet 2016
Institut français de Timişoara, 46, bd. C. D. Loga
vernissage : 29 juin à 19h
Commissaire d’exposition: Anouk LEDERLE

« Tout ce qui brille n’est pas or ! » : ce proverbe populaire, nous l’avons tous entendu. Certes, il faut se méfier des apparences, puisque l’essentiel est dissimulé aux regards…
Mais Pusha Petrov ne traite pas le mensonge derrière les apparences : elle nous parle de ce qui brille, de ce qui nous attire, de ce qui nous fascine. Au-delà des apparences, il est question du désir. Du désir caché, inaccessible, inassouvi. Du côté cour et du côté jardin. Des légendes consacrées au pouvoir de la fascination. Il sera aussi question de la relation étrange entre la sphère publique et la sphère privée.

Trois interventions sont présentées à l’Institut français : Danae, Hermès et… « l’écrin ».

Danae, figure mythologique, incarne le désir. La pluie d’or comme métaphore de la semence de l’immortel. Une pluie d’or composée de fausses monnaies. Derrière une porte, protégée, cachée cette pluie tombe de l’escalier comme la manne du ciel dans cet espace dit de service, un espace presque privé. Un lieu de l’intimité.

Hermès est le messager des dieux, il est aussi celui qui veille sur les voyageurs. Le personnage mythologique qui fait le lien entre un espace et l’autre. Notre Hermès, c’est ici le camionneur. La série des « Pare-brises » met en scène son espace secret, son espace intime, qu’il emporte dans ses voyages, qui l’accompagne dans tous ses trajets. Une bulle, un lieu d’ancrage où trône la femme aimée, la femme idéale, l’amante imaginaire ou réelle, mais toujours absente.

« L’écrin » est le coffret qui permet de garder les objets précieux. Les palais roms s’imposent dans l’espace public comme des signes extérieurs de réussite. Cette nécessité de construire répond à la volonté d’enracinement pour ce peuple nomade. Malgré une exubérance architecturale, ces palais conservent jalousement leurs secrets. Utilisés parfois moins d’un mois dans l’année, ils sont considérés comme des espaces sacrés, leur accès est limité. Paradoxe de ces palais sensationnels, ils sont la plupart du temps abandonnés comme des écrins ne révélant rien de leur contenu.

Le fil entre ces trois installations, c’est l’amante, dont le souvenir et la légende habitent encore la Villa Kimmel – du nom d’Ignaz Sandor Kimmel – dans laquelle se tient l’exposition : des bribes de légendes, le nom d’une grande actrice hongroise aimée, désirée jusqu’à la folie, qui ne verra pourtant jamais le palais construit seulement pour elle, frappée, comme dans les grands mélodrames, par la jalousie de son valet !

Cette exposition est réalisée avec l’aide de la compagnie VALEO et avec la participation de la société ORNELLA DESIGN

Biographie de l’artiste

Pusha Petrov vit et travaille à Timisoara (Roumanie). Elle s’inscrit en 2003 à la faculté des Beaux-Arts de Timisoara. Après sa licence d’arts plastiques – option peinture, elle part en France et obtient son diplôme en Art (2009) et en Communication (2011) avec les félicitations du jury à l’École supérieure d’Art de Lorraine (Metz). Depuis quelques années, Pusha Petrov se consacre à la photographie et aux installations. Sa série des « Pare-brises » a été sélectionnée par la 18éme biennale Internationale de l’Image de Nancy, en 2014.

Pusha a participé à différentes expositions en France et Belgique : Paris, Anvers, Nancy, Montigny, Metz, Thionville. Hasard ou pas ? Ses dernières expositions ont eu pour cadre des châteaux : « Indiscrétions » au château de Courcelles et « Dedans » au château de Luttange (Moselle).

Pusha Petrov explore dans son travail notre relation à l’intime à travers les objets du quotidien et les supports les plus inattendus. Depuis quelques années, ses installations visent à s’emparer d’un lieu, à en prendre possessions pour révéler, par l’allusion, l’image et le détournement ironique, l’intensité de son mystère…